Coup de cœur
Découvrez ici nos lectures préférées, nos découvertes ...
Bel Abîme de Yamen Manai
L’auteur donne la parole à un adolescent qui crie
son mal-être dans la société tunisienne à travers un monologue endiablé.
Son drame est individuel, face à un père qui l’ignore puis détruit le seul amour
qu’il ait connu. Ce drame est aussi collectif puisqu’il représente celui d’une
génération de très jeunes (il a quinze ans) Tunisiens qui ne voient aucune issue
à leur vie étriquée. Le romancier résume leur vision de la vie : « la tête, c’est
une cheminée, la vie un long hiver et les souvenirs et les livres, des morceaux
de bois »
On a aimé le style, l’intrigue, la petite maison d’édition et la trajectoire de
son auteur. « j’ai écrit mon livre en apnée en 10jours, la voix de ce
personnage me hantait ».
Bref on vous le conseille vivement!
Simple d'esprit, Le Fada de Bousiéyas de Jean-Claude Lefèbvre
Après un accouchement difficile dont il gardera des traces Jean-Noël naît à la fin du XIXe siècle dans un hameau haut perché des Alpes Maritimes. Pour tous il devient le Fada, le simple d’esprit.
Il est entouré d’une famille aimante qui le protège contre la malveillance de certains
et lui donne confiance en lui.
Même s’il ne peut les exprimer correctement, les mots fourmillent dans sa tête. C’est lui qui prend la parole et nous raconte ... Malgré la rudesse de ses conditions de vie, il goûte les joies de l’enfance et de l’adolescence dans sa montagne magnifique où il se sent à sa place.
Malheureusement les drames vont se succéder...
C’est une histoire au rythme des saisons et de la vie paysanne, une histoire émouvante écrite par un amoureux de la montagne et un grand connaisseur de la
nature humaine.
Betty de Tiffany McDaniel
Betty, la petite indienne, est la sixième de huit enfants. Nous voilà plongés dans le quotidien d’une famille, moitié cherokee moitié blanche, une famille cabossée vivant en marge de la société en proie au racisme. A travers les yeux de cette enfant les épisodes tragiques de la vie se déroulent : viol, inceste, racisme, deuils d’enfants. Pourtant, malgré ces pages sombres, transpercent la poésie des dialogues d’un père à sa fille, l’amour, la beauté de la nature. Même la mère, si violente, arrive à nous émouvoir. En suivant l’itinéraire de Betty on pleure, on sourit, tout au long de ces pages. Un livre émouvant qui bouleverse le lecteur
Le train des enfants de Viola Ardone
Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d’autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste.
Ce roman est captivant, bouleversant.
On retrouve l'émotion des films italiens des années 1950/ 1960.
La seconde guerre mondiale a laissé la population au bord de la misère
Les communistes et une association mettent en place un programme d'accueil des enfants napolitains dans des familles de Modène ou Bologne.
Sylve de Denis Casanova
Il y a des livres qui ne laissent pas indifférent le lecteur, tant par leur histoire que par l’écriture. C’est le cas de « Sylve » roman écrit par Denis Casanova instituteur en retraite ayant exercé pendant plus de vingt ans à St Paul sur Ubaye.
L’auteur nous raconte l’histoire d’un berger, Sylve, de sa petite enfance au crépuscule de sa vie. Le protagoniste de l’histoire va traverser les épreuves de la vie, les traumatismes, les guerres, connaitre les travers de la nature humaine. On s’attache à cet homme, ce taiseux, cet ermite aux cheveux hirsutes et à la barbe mal taillée qui se retranche au fond de sa combe avec son troupeau de montons ; Il est resté là « comme l’arbre enraciné qui ne peut quitter le sol où il a poussé »
Pourtant un jour il y aura cette rencontre avec une bande de jeunes en mal d’authenticité fuyant la société et venant s’installer sur la ferme abandonnée en face de chez lui. Contre toute attente, une amitié va naître car ni Sylve ni ces jeunes gens ne rentrent dans le moule de la société.
C’est dans une belle écriture poétique aux accents de Giono que l’auteur nous raconte la nature qui ressemble, il faut bien le dire, à l’Ubaye. Et on cherche dans chaque description, le lieu qui correspond à nos paysages !
Et je finirai par une phrase de Sylve que je vous laisse méditer :
« Moi, si je m’emmerde, je regarde la nature, ça me suffit à être heureux »
Une odeur de henné de Cécile Oumhani
Entre poids des traditions et désir d’émancipation, Kenza jeune médecin tunisienne dans un hôpital de campagne se débat dans ses contradictions et cherche une échappatoire aux contraintes faites à sa condition de femme musulmane. Elle part une année pour Paris. Là, elle découvre des êtres et des coutumes différentes qui l’interpellent et lui font vivre au prix de la douleur des expériences et émotions inconnues. Elle va devoir faire des choix difficiles.
Cécile OUMHANI par une plume sensible empreinte de poésie nous touche au cœur en entrant dans l’intime de son héroïne et s’interroge sur la place de la femme dans la société tunisienne d’aujourd’hui.
Chez les Yan de Yan Lan
Yan Lan a grandi dans la proximité des hommes les plus puissants de la Chine, de Zhou Enlai à Deng Xiaoping… Son grand-père, Yan Baohang, d'abord compagnon de route du nationaliste Chiang Kai-shek, épouse la cause communiste et sera agent secret pendant la Seconde Guerre mondiale. Son père, Yan Mingfu, diplomate, interprète personnel de Mao pour le russe, est le seul témoin vivant des discussions entre Mao et les dirigeants soviétiques.
Mais la Révolution culturelle fait basculer la vie des Yan. Lan a neuf ans quand, un soir, les Gardes rouges font irruption dans l'appartement familial. Son grand-père est jeté en prison et meurt sept mois plus tard. Son père croupira dans une cellule pendant sept ans et demi. Sa mère, Wu Keliang, diplomate, accusée d'être issue d'une famille de contre-révolutionnaires, est reléguée dans un camp de rééducation par le travail où elle passera cinq ans avec sa fille.
En retraçant la vie des siens, Yan Lan fait revivre un siècle d'histoire chinoise, du dernier empereur à aujourd'hui, en passant par la Révolution culturelle où vient se fracasser son enfance. Comme rarement, le lecteur pénètre les arcanes d'un système devenu fou qui décimera une grande partie de l'élite intellectuelle, économique et politique du pays. Pourtant la Chine s'est relevée, et l'histoire des Yan après la mort de Mao est celle du réveil chinois.
La petite fille broyée par la Révolution culturelle est devenue l'une des femmes d'affaires les plus actives de son pays. La saga des Yan se poursuit, en écho avec les évolutions de la Chine contemporaine.
Regarder de Serge Mestre
Après avoir écrit sur le poète Federico Garcia Lorca dans Ainadamar, La fontaine aux larmes, Serge Mestre poursuit son exploration romanesque de la jeunesse exaltée fauchée par l'Espagne franquiste.
Pourquoi j'ai aimé...
Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier
Histoires de la nuit, de Laurent Mauvignier
Comme les histoires que Marion lit à sa fille Ida, l’auteur nous raconte les histoires chapitres après chapitres, des personnages de son roman. On suit sur une journée tout au plus : Christine retraitée, peintre aux cheveux rouge , excentrique dans ce coin perdu de campagne ; Bertogne un fermier qui se meurt d’amour pour sa femme, Marion son épouse au caractère trempé , ténébreuse, énigmatique et Ida leur fille petit bout de fille curieuse et délicate. Tout ce petit monde vit dans ce hameau nommé « les trois filles seules ».
On va fêter les 40 ans de Marion. Mais lors de cette soirée rien ne va se passer comme prévu. Le passé trouble de Marion rode autour de la maison.
Avec des phrases plutôt longues l’auteur nous laisse en apnée. Et l’on devient addicte pages après pages à cette histoire. Car l’auteur distille des révélations qui étoffent peu à peu les personnages. Il faut attendre la dernière ligne pour reprendre son souffle. Ce roman est construit comme un thriller !
Laurent Mauvignier l’auteur
Son rapport à l’écriture commence alors qu’il est hospitalisé à l’âge de huit ans. Il reçoit un exemplaire d’Un bon petit diable, de la Comtesse de Ségur. À partir de 1997, il se consacre exclusivement à l’écriture. Il a écrit de nombreux romans dont le dernier "Continuer" parait en 2016 et sera adapté au cinéma.
Nos espérances, d'Anna Hope
Dans le Londres des années 1990, Hannah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses et inséparables. Les années passent, et à trente-cinq ans, entre des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites. Qu’est-il arrivé aux femmes qu’elles étaient supposées devenir?
Impossible, de Erri De luca
Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l'alerte. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police.
Pourquoi J'ai aimé ...
Né d'aucune femme, de Franck Bouysse
"Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. — Et alors, qu'y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. — Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. — De quoi parlez-vous ? — Les cahiers… Ceux de Rose."
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Ma reine, de Jean-Baptiste Andrea
Été 1965. Il vit dans une station-service avec ses vieux parents. Les voitures qui passent sont rares. Shell ne va plus à l’école. Il est différent. Un jour, il décide de partir. Pour aller à la guerre et prouver qu’il est un homme. Mais sur le plateau qui surplombe la vallée, nulle guerre ne sévit. Seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.
Buveurs de vent, de Franck Bouysse
Buveurs de vent, de Franck Bouysse
Je ne connaissais pas cet auteur avant d’avoir lu son avant dernier roman « Né d’aucune femme ». J’ai été conquise tout d’abord par l’écriture d’un abord déroutant au départ, mais après s’être imprégné dans une langue somptueuse, sa musique m’a envoutée et hypnotisée. La structure du roman est aussi spéciale. C’est une succession de petits chapitres car un même évènement est décrit par un personnage puis repris dans un autre chapitre d’un point de vue global. Enfin l’histoire : 4 enfants frères et sœur, un homme qui tyrannise la population d’un village au fond d’une gorge, une famille avec des relations d’une noirceur incroyable. Et pourtant tous ces personnages sont attachants (sauf le tyran !). Ils vont petit à petit se frotter avec cette envie de liberté et de se délivrer des chaines que la vie a tissé. La fin nous laisse sans voix !
Un conseil : relisez le premier chapitre à la fin du livre. Au fait, cet auteur est un auteur de polars.
Le loup,
de Jean-Marc Rochette
Au coeur du Massif des Écrins, un grand loup blanc et un berger vont s'affronter, passionnément, jusqu'à leurs dernières limites.
Jean-Marc Rochette célèbre une nouvelle fois la haute montagne, sa beauté, sa violence, l'engagement et l'humilité qu'il faut pour y survivre.
Petit-fils d’Algérie, de Joël Alessandra
La famille de Joël Alessandra est originaire d’Italie. Au début du XXe siècle,elle a quitté la misère pour l’Eden que représentait l’Algérie.
En 2013, armé de son passeport et d’un visa (et accompagné de l’ « indispensable» guide sur place), Joël se rend pour la première fois à Constantine, ville de sa famille. Il est prêt à affronter ses craintes et ses doutes.
Les guerres intérieures, de Valérie Tong Cuong
Qui n’a jamais fait preuve de lâcheté ? Quel est le prix à payer ? Quand tout paraît perdu, que peut-on encore sauver ? La domination du désir et de la peur, les vies fantasmées et le dépassement de soi sont au cœur de ce livre fiévreux qui met en scène des personnages d’une humanité bouleversante et vous accompagne longtemps après l’avoir refermé.
Le dernier hiver du Cid, de Jérôme Garcin
Il y a soixante ans, le 25 novembre 1959, disparaissait Gérard Philipe. Juste avant sa mort, ignorant la gravité de son mal, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d'incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, le Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. Du dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, l'acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d'un éternel jeune homme.